Longtemps considérée comme irréversible, la maladie d'Alzheimer pourrait être réexaminée sous un nouveau jour grâce à une découverte récente. Une étude dirigée par des chercheurs américains suggère que le cerveau possède des capacités de régénération qui, jusqu'ici, semblaient perdues, même à un stade avancé de la maladie.
Une nouvelle approche centrée sur l'énergie du cerveau
La maladie d'Alzheimer, principale cause de démence dans le monde, affecte à la fois les patients et leurs proches, bouleversant les fonctions cognitives et la mémoire. Jusqu'à présent, les efforts de la recherche médicale se sont concentrés sur la prévention et le ralentissement des symptômes, en raison de l'idée dominante que la maladie est irréversible.
Cependant, une étude publiée dans Cell Report Medicine ouvre une piste prometteuse. Les chercheurs se sont intéressés au rôle de l'énergie cérébrale et à une molécule clé, le NAD+ (nicotinamide adénine dinucléotide), essentielle à la production énergétique et à la réparation des cellules. Le cerveau, bien qu'il ne représente que 2 % du poids corporel, consomme près de 20 % de l'énergie produite par l'organisme. Avec l'âge, les niveaux de NAD+ diminuent, et cette baisse est encore plus marquée chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer.
Selon Kalyani Chaubey, auteure principale de l'étude, " lorsque les cellules cérébrales manquent de NAD+, elles ne parviennent plus à assurer leurs fonctions essentielles. " Cette carence rend les neurones vulnérables au stress, à l'inflammation et aux dommages oxydatifs.
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Des tests sur des modèles murins aux résultats surprenants
Pour explorer cette hypothèse, les scientifiques ont étudié deux modèles murins reproduisant les formes les plus courantes de la maladie d'Alzheimer humaine. Les souris étudiées présentaient des troubles cognitifs sévères et des lésions cérébrales similaires à celles observées chez les patients humains.
Un composé expérimental, le P7C3-A20, a été administré. Son rôle : stabiliser l'équilibre énergétique des cellules cérébrales. Les résultats ont dépassé les attentes. Non seulement la progression de la maladie a été stoppée, mais les lésions cérébrales des souris se sont atténuées. Plus impressionnant encore, leurs fonctions cognitives ont été intégralement restaurées.
Andrew A. Pieper, co-auteur principal de l'étude, a déclaré : " Le plus frappant est que cette récupération a été observée même lorsque la maladie était déjà très avancée. Le cerveau a montré une capacité de réparation que l'on pensait perdue. "
Les chercheurs ont également noté une normalisation d'un biomarqueur sanguin utilisé chez l'humain, ce qui renforce l'idée d'une récupération biologique et fonctionnelle réelle.
Une lueur d'espoir pour les patients
Bien que cette avancée n'indique pas qu'un traitement immédiat soit à portée de main, elle modifie profondément la perception de la maladie. Plutôt que de se concentrer uniquement sur l'élimination des protéines toxiques, cette approche met en avant la restauration des capacités énergétiques du cerveau comme clé potentielle de la récupération.
Andrew Pieper résume cette perspective avec optimisme : " Le message central est porteur d'espoir. Les effets de la maladie d'Alzheimer ne sont peut-être pas définitivement figés. Sous certaines conditions, le cerveau peut retrouver ses capacités. "
Si ces résultats préliminaires se confirment au travers d'essais cliniques sur l'humain, ils pourraient transformer non seulement le traitement de la maladie d'Alzheimer, mais également celui d'autres maladies neurodégénératives liées au vieillissement. Pour l'instant, cette découverte marque une étape importante dans la quête d'une solution durable à une maladie qui touche des millions de personnes à travers le monde.






